Une enfance et une jeunesse provinciales

1819

1820-

1830

1831

Naissance de Jean Désiré Gustave Courbet à Ornans, petite commune du Doubs (Franche Comté). L’aîné restera aussi le seul garçon de la famille qui aura trois filles par la suite. Très attaché à son « pays » de naissance, Courbet y reviendra pratiquement chaque année s’y ressourcer et y peindre.
Courbet est élevé au sein d’une famille unie de paysans aisés, hostile aux régimes autoritaires et méfiante à l’égard de l’Eglise. Son grand-père maternelle, républicain de 1793, lui transmit sa maxime : « Crie fort et marche droit » et sa sensibilité aux questions sociales.
Entrée au petit séminaire à Ornans où il reçoit sa première formation artistique de la part de Claude-Antoine Beau, peintre de réputation régionale emmenant ses élèves peindre dans la nature.

1837

A 18 ans, Courbet est envoyé au collège royal de Besançon. Il s’y révèle piètre élève, incapable de s’adapter aux règles de vie communautaires et peu intégré. Sa correspondance témoigne de sa volonté récurrente de renoncer à ses études. Il reçoit cependant des cours de dessin Charles Antoine Flajoulot, élève probable de Jacques-Louis David.

1838

Après avoir insisté auprès de son père pour quitter le collège royal, il obtient gain de cause et s’inscrit à l’académie Besançon.
Le Pont de Nahin, vers 1837, huile sur papier marouflé sur toile, 16,7 x 26.4 cm, Musée Courbet, Ornans

Des débuts difficiles

1839

Installation à Paris. Grâce à l’argent de son père, Courbet loue un appartement et fréquente l’atelier du peintre d’histoire Charles de Steuben. Séjourne à Ornans en automne.

1841

Premier envoie au Salon : portraits de ses amis Marlet et Cuenot, tous les deux refusés. A l’été, Courbet fait sa première rencontre avec la mer, un Normandie, en compagnie de son ami Cuenot. Séjourne à Ornans en automne.
Le Pont de Nahin, vers 1837, huile sur papier marouflé sur toile, 16,7 x 26.4 cm, Musée Courbet, Ornans

1842

1844

Malgré ses soucis récurrents d’argent, Courbet installe son premier atelier personnel. Il propose au Salon une scène de chasse, à nouveau refusée. Séjourne à Ornans en automne, ainsi qu’à l’automne suivant.
Premier tableau accepté au Salon : L’autoportrait au chien noir, plutôt bien reçu. Séjourne à Ornans à l’automne.

1845

Une année difficile, de travail intense, d’incertitudes et de fatigue. Soutenu à bouts de bras par un père compréhensif mais commençant à douter des talents de son fils, Courbet doit incessamment le convaincre de son talent. Une nouvelle œuvre est acceptée au Salon (sur les cinq envoyées) : Le Guitarrero. Evoque son intention de réaliser un grand format. Séjourne à Ornans en automne.

1846

1847

Trois tableaux envoyés au Salon (parmi lesquels un Portrait d’Urbain Cuenot dont il est très fier) : tous sont refusés. Courbet analyse ces refus par sa différence avec l’académisme. De cette époque, il se portraiture en Homme blessé. A 28 ans, il n’a toujours pas percé dans le milieu mais convainc son père de continuer à la soutenir. En septembre, il voyage à nouveau en Belgique pour étudier les maîtres. Puis séjourne à Ornans en automne.

1848

Dans la tourmente révolutionnaire de l’année 1848, Courbet regarde avec distance les soubresauts politiques sans prendre part aux journées sanglantes de juin, affirmant à ses parents : « je n'ai pas foi dans la guerre au fusil et au canon ».
Entre découragements et espoirs. Courbet soumet huit toiles au Salon, et seule une sera retenue : L’homme à la ceinture de cuir (autoportrait). Commence à pester contre les membres de l’Académie qu’il traite de « vieux imbéciles » dans sa correspondance. En même temps, il affiche ses ambitions de « changer le goût et la manière de voir du public ». Puis il réalise un voyage en Belgique et en Hollande, et y découvre les œuvres des maîtres flamands. Séjourne à Ornans en automne.

Chef de file du réalisme

1849

Au cours de l’hiver, Courbet aménage dans son grand atelier de la rue Hautefeuille. Les règles du Salon ayant changé avec la République, il peut y envoyer neuf toiles dont six sont acceptées. Il y recevra une médaille et son tableau le plus remarqué, Une Après-dînée à Ornans, est acheté par l’Etat. Cette reconnaissance l’encourage à poursuivre ses recherches sur le réalisme. En octobre, il retourne à Ornans, où il reçoit un accueil triomphal. Il y aménage un atelier dans lequel il commence  Un Enterrement à Ornans.

1850

L’ouverture du Salon ayant été reportée en décembre, Courbet a le temps de produire en nombre et en grands formats. Il y expose neuf toiles, dont son manifeste réaliste : Un Enterrement à Ornans, mais aussi Les Paysans de Flagey revenant de la foire, tableau de ruralité où il peint son père, Les Casseurs de pierres, évocation du dur labeur de cantonniers, quatre portraits dont celui d’Hector Berlioz et deux paysages de Franche-Comté. La réception plus que moyenne de ses œuvres prouvait à Courbet que sa peinture dérangeait par son manque d’académisme : le peintre d’Ornans avait trouvé sa voie originale. A défaut de succès, il pouvait déjà jouir d’une certaine notoriété.

1851

Pas de récompense au Salon de 1850-1851. Courbet travaille sa révolution picturale : il écrit cette année-là, à un journaliste qui l’avait qualifié de peintre socialiste : « J’accepte bien volontiers cette dénomination : je suis non seulement socialiste, mais bien encore démocrate et républicain, en un mot partisan de toute la révolution, et par-dessus tout réaliste ». Courbet gagne Bruxelles en septembre pour y exposer deux tableaux, puis à Munich, pour enfin gagner Ornans. Il peint Les Demoiselles du village, première œuvre du peintre à intégrer une collection privée.

1852

Après le coup d’Etat de Napoléon III, Courbet se revendique plus que jamais anti-bonapartiste et républicain. Il expose Les Demoiselles du village au Salon avec deux autres œuvres. Là encore, il se confronte à l’incompréhension de la critique. « Je me moque des critiques » écrit-il à ses parents en juin. Tandis qu’il travaille à ses nouveaux coups d’éclats transgressant l’académisme bon-teint, il s’entretient avec un auteur en vue d’une biographie. Séjourne à Ornans en automne. Commence Les Baigneuses. 

1853

Le scandale Courbet résonne au Salon de 1853 : pour dépasser l’esthétisme éthéré des nus académiques, il propose ses versions du genre : Les Baigneuses, dont les énormes bourrelets de l’une provoquèrent consternation ou dégoût, et Les Lutteurs, dont les corps musculeux ne rencontrèrent pas plus de succès. La critique se déchaîne, mais Courbet trouve un acheteur inespéré en la personne du collectionneur montpelliérain Alfred Bruyas. Après l’été, il rencontre et tient tête (selon ses dires) au surintendant des Beaux-Arts Nieuwerkerke. Se rend à Berne puis à Fribourg.

1854

En hiver, il réalise Les Cribleuses de blé, avant de partir, de fin mai à début septembre, rencontrer son nouveau mécène, Bruyas, sur ses terres, à Montpellier. Il y peint La Rencontre pour immortaliser la leur, deux portrait de Bruyas, et découvre avec enchantement la Méditerranée devant laquelle il se peint. Se rend en Suisse avant de séjourner à Ornans en automne, où il commence son Atelier du peintre.

Les années fastes

1855

Longtemps malade, incapable de travailler, Courbet a pris du retard dans l’exécution de son Atelier. Année de l’exposition universelle, il y propose plusieurs toiles, mais le refus de L’Atelier du peintre et d’Un Enterrement à Ornans le convainc d’organiser une exposition parallèle. Le 25 juin, ouvre ainsi le Pavillon du réalisme, avenue Montaigne, première exposition indépendante du peintre d’Ornans (jusqu’en décembre).

1856

Courbet s’inscrit désormais résolument dans un esprit de provocation. Il peint Les Demoiselles des bords de Seine, image troublante de deux femmes alanguies sur une pelouse, où affleure une certaine lascivité. Passe l’hiver à Ornans.

1857

De retour à Paris en début d’année, Courbet va à Montpellier en mai-juin rendre une seconde visite à Bruyas. En été, il expose six toiles au Salon, dont Les Demoiselles des bords de Seine, sur lesquelles se déchaînent les critiques. Malgré tout, Courbet s’affiche satisfait du succès qu’il y a rencontré. En fin d’été, il se rend à Bruxelles où il y expose quelques œuvres, dont La Curée et Les Cribleuses de blé réalisé en 1855.

1858

Une année quasiment intégralement passée à l’étranger, d’abord à Bruxelles, pour les six premiers mois, puis à Francfort où il participe à des chasses. Il s’adonne, pour vivre, à l’exercice de portraitiste mondain, mais peint aussi de nombreux paysages.

1859

En février, Courbet arrive de Francfort à Ornans ; le mois suivant, il y achète une ancienne fonderie qu’il transforme en vaste atelier. Retour à Paris en mai, puis séjour estival au Havre. Séjourne à Ornans en automne, puis chez un ami à Vuillafans (Doubs) une bonne partie de l’hiver.

1860

Année pratiquement entièrement passé en Franche-Comté, où il supervise les travaux de son nouvel atelier d’Ornans. Ses productions sont abondantes, mais se font dans le sens de la demande : portraits, paysages, scènes de chasse. Les commandes affluent. Il reçoit succès et honneurs à l’occasion de l’Exposition universelle de Besançon où il expose quatorze tableaux. Ce regain d’intérêt se matérialise cette année-là par la publication du premier article important que lui consacre l’influent critique Champfleury.

1861

Expose un paysage et quatre scènes de chasse au Salon, dont deux grands formats élaborés dans son atelier d’Ornans, Le Rut du printemps, présentant un combat de cerfs, et Le Cerf à l’eau, qui dramatise la mort de l’animal. De retour à Paris pour l’été, Courbet fait une tournée triomphale de quelques jours en août à Anvers. En décembre, il publie une lettre aux jeunes artistes français pour leur expliquer sa théorie sur l’enseignement de l’art et ouvre un atelier rue Notre-Dame-des-Champs pour les réunir autour de lui dans la pratique.

1862

L’atelier utopiste de Courbet ferme en mars. Après des déboires amoureux, son année sera marquée par un long séjour dans l’Ouest, d’abord en Saintonge chez Etienne Baudry, puis à Port-Berteau en Charente chez un peintre régional, où le goût de la provocation le reprend : il y peint une toile diablement anti-cléricale représentant un groupe de curés saouls traverser la campagne sous le regard hilare des paysans, Le Retour de la conférence, tableau disparu.

1863

Courbet séjourne de janvier à mai chez la famille Borreau à Saintes, où il fait le Portrait de Laure Borreau. Il y prépare le Salon, où il envoie Le Retour de la Conférence dans l’espoir qu’il y soit refusé pour y créer le scandale. Il l’exposera donc à titre privé dans son atelier. Mais la toile fait débat y compris parmi ses premiers soutiens, dont certains s’éloignent, comme Champfleury. Passe l’automne et l’hiver à Ornans.

1864

Dans son atelier d’Ornans, il se lance dans le traitement sulfureux d’un nouveau genre : le double nu féminin à l’inspiration saphique : Vénus et Psyché. Sous une pseudo couverture mythologique, Courbet construit une œuvre si sensuelle qu’elle sera jugée inconvenante et refusée au Salon. Il l’exposera alors en Belgique. Séjourne la fin de l’année à Salins, chez son ami d’enfance Buchon.   

1865

En janvier meurt le penseur social-libertaire Proudhon, ami et compatriote de Courbet, qui s’empresse de réaliser son célèbre portrait en famille : Le Portrait de Pierre-Joseph Proudhon en 1853 est exposé au Salon, ainsi que le Puits-Noir, l’un des motifs paysagers récurrents de sa production. Retour à Paris en mai. De septembre à fin novembre, il fait un séjour heureux à Trouville où il fait la connaissance du peintre américain James Abbott Whistler, en compagnie duquel il peint de nombreuses marines, et surtout de la maîtresse de ce dernier, Joanna Hiffernan, dont il fait plusieurs portraits.

1866

Resté à Paris l’hiver pour préparer le Salon, dans lequel il projette de nouvelles ambitions : deux tableaux sensés flatter le goût mielleux second-empire : un nu d’une extrême sensualité, La Femme au perroquet, et un paysage de sous-bois bucolique, la Remise de chevreuils au ruisseau de Plaisirs-Fontaine. L’un et l’autre reçoivent un bon accueil, et il fut même question que l’Etat acquiert la Femme au perroquet, mais la rétractation au dernier moment du surintendant des Beaux-arts nourrit une correspondance abondante et franche, dans laquelle Courbet affirme son indépendance. Parallèlement, il peint ses oeuvres les plus sulfureuses pour la collection privée du collectionneur turc, Khalil Bey, Le Sommeil et L'Origine du monde. Retour au bord de l’océan, à Deauville, mi-septembre à mi-octobre.

1867

A l’ occasion de l’Exposition universelle de 1867, Courbet réitère l’expérience de l’exposition privée, place de l'Alma, dans laquelle il compte réunir 300 tableaux. Venu en Franche-Comté assister aux derniers jours de son ami Cuenot, il peint à Ornans L’Hallali du cerf, immense composition de chasse, qui remporta un vif succès et qui fut la première à être vendue aux Etats-Unis. Retour à Paris en mai pour l’ouverture de son pavillon d’exposition. Fermeture de l’exposition en novembre.

1868

Au printemps, Courbet s'exerce polémiste en publiant un pamphlet politique et anticlérical. Au Salon, en mai, il ne présente que deux peintures ; son style fait sans doute moins polémique, mais la critique n’en reste pas moins acerbe, comme un témoigne un long article de Théophile Gauthier contre Courbet le 11 mai 1868. Il rencontre plus de succès à Gand où il expose douze tableaux de début septembre à mi-novembre ; lui se rend au Havre en septembre pour une autre exposition, avant de séjourner à l’automne à Ornans.

1869

Retour à Paris en mai pour le Salon où il présente deux tableaux déjà présenté en 1867 ; parallèlement, il envoie quatre toiles au Salon de Bruxelles et quatre autres à Munich. D’août à septembre, il séjourne plusieurs semaines à Etretat, où il peint de nombreuses marines, dont La Mer orageuse et La Falaise d’Etretat après l’orage qui feront l’unanimité au Salon de l’année suivante. Médaillé à Bruxelles, et décoré à Munich par le roi de Bavière, il se rend en Allemagne et y séjourne plusieurs semaines avant de se retirer à Ornans.

1870

Année charnière de la vie du peintre, dont l’acmé du succès est à placer en juin, où il est nommé chevalier de la Légion d’honneur, une décoration qu’il se délecte de refuser publiquement ; le concert de louanges ayant accueillis ses marines au Salon en font un peintre désormais bien assis sur sa réputation. Mais les événements politiques vont faire basculer son destin. Défait à Sedan le 2 septembre par les Prussiens, le Second Empire s’effondre et Courbet s’engage dans la défense de la République : élu président de la Commission des arts, il est chargé de la protection des œuvres d’art à Paris lors du siège de l’hiver 1870-1871. S’impliquant totalement dans sa fonction, il ne produit plus de peinture. 

Les épreuves de l'exil

1871

La correspondance de Courbet laisse paraître l’enthousiasme qu’il avait pour l’expérience de la Commune de Paris et y participe activement : il est élu au Conseil de la Commune par le VIè arrondissement et délégué aux Beaux-Arts, avant de démissionner en mai. Mais l’illusion révolutionnaire d'une démocratie décentralisée, qu’il avait défendue avec vigueur, fut noyée dans le bain de sang, lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 (environ 20 000 morts, 38 000 arrestations). Courbet ne participa pas aux combats ; caché chez un ami, il fut arrêté le 7 juin, transféré dans les écuries de Versailles et jugé par un conseil de guerre à six mois de prison (qu’il purgera à Versailles, puis à Sainte-Pélagie, où il se représentera, le foulard rouge du communard autour du cou). Mais le camp conservateur, hostile à ce personnage libertaire et anticlérical, qui avait toujours revendiqué haut et fort sa liberté et son indépendance, voulut davantage le briser en le jugeant responsable de la démolition de la colonne Vendôme : ce symbole impérial fut en effet mis à bas par la Commune le 16 mai 1871, alors que Courbet avait simplement suggéré de la déboulonner : une affaire qui n’était pas près de dégager l’horizon de son avenir. Souffrant de douleurs intestinales et hémorroïdales, il est autorisé, fin décembre, à finir de purger sa peine sur parole dans la maison de santé du docteur Duval, à Neuilly.

1872

La peine de Courbet prend fin le 2 mars, mais il restera à Neuilly jusqu'en avril pour se soigner, puis à Paris jusqu’en mai, afin d’essayer de récupérer ses biens spoliés ou volés dans son atelier. Sa correspondance le montre sûr d’avoir été dans le bon sens de l’histoire et injustement persécuté, se sentant « comme le poisson […] pris dans la maille ». Il se réfugie à Ornans fin mai, où il travaille beaucoup ; car il reçoit nombre de commandes, comme si la Commune avait augmenté « sa valeur de moitié ». Il s’adjoint l’aide de jeunes peintres pour y faire face.

1873

En janvier, le Chambre des députés débat de l’éventualité de faire payer à Courbet la reconstruction de la colonne Vendôme. De santé fragile, le peintre d’Ornans souffre désormais d’anxiété et de solitude. Interdit de représenter la France dans les expositions internationales, il tente d’en organiser de parallèles à Vienne et Londres. Les commandes continuent d’affluer, y compris d’Amérique. Mais en mai, l’Assemblée nationale vote la responsabilité de Courbet à la démolition de la colonne Vendôme et son redressement à ses frais : la ruine le guette, ses biens sont mis sous séquestre. Risquant la prison à défaut de payer, le choix de l’exil s’impose à lui en juillet, en Suisse : il s’installe à La Tour-de-Peilz en octobre.

1874

Toutes les dernières années de sa vie seront accaparées par les tracasseries judiciaires et l’espoir d’une amnistie générale pour rentrer en France : sa production artistique pâtit du manque d’inspiration, et se limite à des œuvres au goût du marché, notamment des paysages suisses. Le 26 juin, Courbet est condamné par la justice française à relever la colonne Vendôme à ses frais. Malgré tout, l'artiste communard est bien accueilli en Suisse où il participe à de nombreuses manifestations populaires, ainsi qu’à Fribourg où il se rend en août-septembre et où il est honoré par la population et les cercles républicains.  

1875

Courbet réalise une sculpture de la République helvétique, La Liberté ou Helvétia. En août, la cour d’appel de la Seine confirme le jugement du 26 juin 1874. Le peintre d’Ornans noie ses désillusions et son découragement dans l’alcool.

1876

L’espoir renaît début 1876, quand les élections en France donnent la majorité aux Républicains. Courbet écrit alors une lettre à tous les députés et sénateurs pour plaider sa cause et obtenir une amnistie, que Victor Hugo présente en son nom au Sénat. En vain : Courbet peste contre ces Républicains modérés qui « ont dépassé les réactionnaires ». En juillet, il participe à une exposition à Lausanne. Le moral en berne, sombrant dans l’alcool, la santé du peintre se dégrade et développe une hydropisie.

1877

La justice française confirme à Courbet sa condamnation à 323 091,68 francs acquittables en annuités de 10 000 francs. Un arrangement avec l’Etat semblant possible, Courbet se remet à espérer de revoir la France : il s’enquiert de l’état de son atelier d’Ornans et est encouragé à préparer le Salon de 1878, s'attelant notamment à un Grand panorama des Alpes. Mais sa santé se dégradant, il ne parvient plus à travailler et ses ennuis d’argent s’accumulent. Il meurt le 31 décembre à 6H30 du matin.

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