Lisa

Salamandra

Daily Bread : Raw Meat

(after Courbet)

 

2009

 

Collage papiers

49 X 57 cm

Crédit photographique : 

Philippe Fuzeau

 
 

Lisa SALAMANDRA

(né en 1967)

Née aux Etats-Unis, Lisa Salamandra a commencé sa formation artistique au Maryland Institute de Baltimore (1989), avant de la poursuivre en France à partir de 1997. En 2015, elle prépare un doctorat en Recherche en Arts Plastiques à l'Université Paris I, "Le Corps Ecorché, Dépecé, Recomposé". Elle vit et travaille à Ainay-le-Château, dans l'Allier, mais la forte singularité de sa création artistique l'a amené à réaliser plusieurs expositions personnelles à Paris.

« Je me suis déjà fait refuser à des expositions pour lesquelles j’avais proposé mon « Origine du monde d‘après Courbet » en 2010 à Paris. Il y a des personnes auxquelles je présente mon travail qui en débattent et d’autres qui le rejettent sans discuter. Moi, je tiens au fait que je ne défigure pas la femme. La viande est belle, elle est appétissante, elle est crue, dévoilée, ces femmes sont entières, je ne cherche pas à provoquer. Je suis toujours étonnée que les gens soient consternés par mon approche et je reste toujours méfiante quand au contraire cela  plait tout suite ». [1]

 

Lisa Salamandra

 

 

 

RAYON BOUCHERIE

 

         Carnation rosée comme du jambon de Paris, toison foncée à la viande de grison, doux ventre de rosette lyonnaise et seins en coppa de Plaisance... Ce n'est plus une Origine qui nous est présenté ici, c'est un plat de charcuterie ! Une Origine pour amateurs de femmes crues, de femmes-viandes ! L'image est saignante. Elle est froide comme un étal de boucherie. « Promotion exceptionnelle, aujourd'hui ! Mesdames, Messieurs ! Moins vingt-cinq pour cent sur l'AOP Origine du monde ». On dirait qu'un charcutier est venu tailler dans la chair sublime de notre Origine, l'a dépecée, débitée, désossée, hachée, salée, séchée, pour la réduire à un extraordinaire monceau de charcutaille, faisant de l'andouille une andouillette, de la cochonne une cochonnaille, de la rosée une rosette ! Femme à déguster : premier choix garantie ! La texture saignante de cette oeuvre singulière doit produire sur le spectateur un effet proportionnel à son degrés carnassier : les viandards apprécieront. Amis végétariens, passez votre chemin !

         Et puis non : restez ! Car ce n'est pas une Origine de viande mais une Origine de papier ! Ce n'est pas une Origine à baffrer, c'est une Origine à méditer. Le papier, tout viandaille qu'il soit, est le même matériau que celui qu'utilisaient les dadaïstes qui initièrent cette pratique : le papier remplace la peinture et le collage remplie le tableau. Ce qui en fait le médium le moins cher de la création artistique ! Votre boulanger vous emballe toujours votre baguette dans du papier : au lieu de jeter, créer ! C'est le pain quotidien de Lisa Salamandra : pain quotidien, du nom de sa série Daily Bread -l'artiste est d'origine américaine. Du papier boulanger, elle fait les draps du lit dans lesquelles se vautre le tronc de L'Origine ; celui-ci, lui, est en Raw Meat (traduisez : "viande crue"),  technique qui n'utilise que des papiers de publicités ou des étiquettes de viande. C'est un peu moins glamour, mais ça fait son effet. Papier boucherie sur papier boulanger : quand la femme se fait sandwich... « Je me sers dans ma série [...] exclusivement des images publicitaires de viande crue découpées des prospectus de supermarchés qui arrivent dans ma boîte aux lettres ; les étiquettes y sont intégrées naturellement, et je ne les ôte pas (les images sont laissées telles quelles - je ne cache donc pas leurs "modestes origines")». Le rouge saignant, qui donne des rendus de bouchers, opère sur l’œil une "attraction visuelle". C'est donc pour attirer l’œil que Salamandra utilise ce matériau. Sauf que, derrière l'effet choc, il y a une image qui se dessine.

         Pour les Surréalistes qui l'utilisèrent abondamment, le collage est moins un support de recherche plastique qu'un vrai lieu d'expression gratuite qui n'aboutit pas toujours à une consécration figurative. Les collages de Salamandra répondent d'une autre démarche : ces papiers découpés au ciseaux constituent autant de pièces de puzzle carnées qui trouvent, dans leur assemblage, un aboutissement figuratif d'une autre portée. Car au-delà des superpositions et des imbrications improbables de pièces de charcuterie qui, focalisées en plan serré s'apparentent à un étal de viande crue, le recul nécessaire pris sur les compositions offrent une autre lecture : ce sont le plus souvent des silhouettes féminines nues, dans des attitudes sensuelles, dans lesquelles on reconnaît parfois une empreinte forte de l'histoire des arts, notre Courbet évidemment, ou L'Olympia de Manet.

         La figuration du corps de la femme par juxtaposition de morceau de bidoche -tout papier qu'elle soit- pose question. Celle du statut de la femme dans la société, femme marchandisée comme une côtelette : « Pardonnez-moi ces détails grossiers, ceux qui n'ont pas aimé poétiquement prennent et choisissent les femmes comme on choisit une côtelette à la boucherie, sans s'occuper d'autre chose que de la qualité de leur chair » [3]. Sa série Raw Meat ne présente pas de sujet masculin ; seule le corps de la femme est reconstitué en morceaux de viande. Cela dénonce sans ambiguïté le regard carnassier que la société -par la publicité, la pornographie, la prostitution, la chirurgie esthétique- peut porter sur la femme, ce regard que convoquait Courbet dans L'Origine du monde. Quel meilleur citation que ce tableau misogyne pour dénoncer une image de la femme réduite à l'état de chair fraîche. Pas besoin de visage pour apprécier la chair de L'Origine ; pas plus qu'on a besoin de connaître le groin du porc dont nous mangeons le jambon... En dénonçant la marchandisation du corps féminin, son travail s'inscrit donc presque naturellement dans une démarche féministe. Parfois apparaît sur le corps de ses compositions une étiquette de prix : plutôt suggestif comme détail -il ne s'agit pas d'une incitation à manger plus de viande...

      Notons que si Salamandra ne se sert pas de viande fraîche, elle n'en est pas moins soutenue la CFBCT, l'organisation professionnelle des bouchers, bouchers-charcutiers, traiteurs, à l'occasion d'une exposition en 2015 à Paris. De là à utiliser non plus l'image de la viande mais la viande elle-même... Vous me direz, l'art contemporain ne se fourvoierait tout même pas à utiliser de la viande fraîche comme médium ! Vous mésestimez l'art contemporain ! Anna Sterbak l'a fait. Cette artiste d'origine tchèque, installée à Montréal, a exposé en 1987, au Centre Pompidou une œuvre intitulé Vanitas, robe de chair pour albinos anorexique. Il s'agissait d'une « robe en bavettes de bœuf entières et parées exposée sur un mannequin de couture » [4]. Fraîche, le jour du vernissage, la viande, soigneusement salée pour empêcher la putréfaction, sécha lentement dans le musée jusqu'à prendre une coloration de cuir -au moins, on échappe aux puanteurs de charogne ! Comme quoi on peut faire de l'art avec de la viande... Et même de la mode : 12 septembre 2010, à l'occasion des MTV Vidéo Music Awards, les photographes de l'agence Reuters immortalisent Lady Gaga dans sa "robe de viande"... Amis végétariens...

 

         Alors, qui osera faire une Origine du monde en vraie viande...? Après tout, cela la ramènerait à son état premier...

 

 

 

 


 

1 – Lisa Salamandra, « Les femmes crues » de Lisa Salamandra, du stéréotype à la sacralisation, site TV5MONDE

2 – Ibid 1

3 – Guy de Maupassant, La Petite Roque, 1885

4 – Site du Centre Pompidou

 

EXPRESSION LIBRE                                                        3 questions à Lisa Salamandra

 Que représente pour vous Courbet dans l'histoire de l'art ?

Gustave Courbet représente une influence importante, surtout au niveau de sa représentation du nu féminin.  Peintre figurative, les derniers vingt ans mon travail s'articulent quasi-exclusivement autour de l'image de la femme. Je travaille en atelier concurremment sur plusieurs (4 ou 5) grandes séries d’œuvres, dont une qui traite exclusivement l'entrejambe féminin ("Crotches") - alors comment ne pas s'intéresser à l'entrejambe le plus connu et scandaleux de l'histoire de l'art ?!  Mais au-delà de ça, c'est la facture picturale de la peinture de Courbet qui m'a toujours intéressée ; il cherchait à représenter la chair telle qu'elle était - son "réel" était considéré "révolutionnaire" pour l'époque (ce qui était acceptable étant le nu féminin idéalisé).  On peut dire que mon "Raw Meat" propose une chair féminine contemporaine et très bien en phase avec notre époque : publicitaire, charnelle, "comestible"...  (elle sert ainsi à mettre en lumière (accentuer, exagérer même) certains mécanismes innés ou fortement présents déjà à l'image de la femme). L'image publicitaire de viande crue détournée en chair humaine féminine amène une ambivalence et une polysémie à la chair ; les interprétations qu'on peut en faire sont multiples et souvent paradoxales : vie/mort, licite/illicite, taboue, impure, etc. 

Quelle place L'Origine du monde tient-t-elle dans votre "patrimoine

iconographique" ?

En tant que peintre et dans n'importe lequel médium, je suis surtout passionnée par l'évolution - ou le renouvellement constant - de la facture picturale de la figure.  Ce processus dans le "Raw Meat" est palpable (et chronologique) : des premières "Pin-ups" qui mesurent 30 cm jusqu'aux collages monumentaux en cours aujourd'hui qui font 3 mètres de haut et de large. M'intéressant au nu féminin, l'"Origine du monde" et "L'Olympia" (que j'ai également détourné en viande-crue-publicitaire) sont je dirais parmi les œuvres les plus importantes de mon "patrimoine iconographique"

Qu'avez vous voulu exprimer en réalisant votre version de L'Origine du monde ?

Par rapport à ce que je voulais exprimer - mes propos sont ceux de la peinture !  Je laisse les spectateurs libres à leurs interprétations. 

 

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AUTOPORTRAIT

         Au regard de sa photographie, il y a une vraie ressemblance dans l'autoportrait de Lisa Salamandra : la première fonction du genre est donc assurée, ce qui relève d'une certaine dextérité quand on sait que ce visage est totalement composé de fragments de "papiers à viande". A y regarder de plus près, ce puzzle sanguin semble rendre à la chair sa vraie nature de viande crue, comme si elle avait été entaillée, coupée, ciselée de toutes parts, donnant à l'ensemble une tonalité propre aux écorchés, ces motifs anatomiques dépecés qui servaient d'études corporelles au XVIIIè siècle. Plus proche de nous, cet autoportrait renvoie aux sujets du très polémiqué Gunther von Hagens, "artiste Follamour" qui, en ayant mis au point la technique de la plastination, expose de vrais cadavres humains mis en scène de façon souvent douteuse, certains écorchés, sectionnés, tronçonnés pour une soit disant meilleure connaissance de nous-même. Certes, l'art de Salamandra ne touche pas à ce point au morbide, mais irrémédiablement cet incarnat nous ramène à la chair, carne, et à son irrémédiable mutation en charogne. L'artiste fixe pour la postérité ses traits selon sa technique raw meat, mais elle convoque pour cela un classique de l'autoportrait : celui de Dürer. Dans L'Autoportrait en col à fourrure (voir ci-dessous), l'artiste allemand, alors âgé de vingt-huit ans, brise tous les codes de ce genre naissant : alors que les artistes s'auto-portraituraient jusque-là discrètement au milieu de leurs compositions, Dürer devient sujet à part entière de l'oeuvre et nous impose une frontalité exceptionnelle pour l'époque (1500). Salamandra reprend à peu près le cadrage, adopte la frontalité et la pose de la main.

Gustave Courbet

Portrait de l'artiste, dit Courbet au chien noir

1844

Huile sur toile, 46 x 55 cm

Petit Palais, Paris

Lisa Salamandra

 

Self-portrait after Dürer

(et détail)

2011

Raw Meat

94 x 65 cm

         Faire son autoportrait, c'est se donner à voir ; Courbet se plia à l'exercice une vingtaine de fois, ce qui fit dire à la critique qu'il était de nature narcissique. Il est vrai que la plupart de ses autoportraits sont réalisés dans la fleur de la jeunesse, et l'on sent, comme dans L'autoportrait au chien noir, que l'artiste a une certaine conscience de sa beauté qui peut frôler parfois l'arrogance. Il se donne à voir ici, à l'âge d'environ vingt-cinq ans, dans un paysage de sa région natale: première affirmation de sa personnalité, alors que la plupart des jeunes peintres de sa génération qui cherchent à s'ancrer dans le milieu parisien tentent le plus possible de gommer leurs origines provinciales, Courbet au contraire les revendique et les revendiquera toujours. Les attributs qu'il choisit pour accompagner son image ont été soigneusement sélectionnés : le carton à dessin renvoie à son état  d'artiste qui croque d'après nature au gré de ses randonnées solitaires (voir le bâton) : sa chevelure abondante et la pipe veulent évoquer la bohème parisienne, tandis que le pantalon à carreaux, la redingote et le col blanc entendent davantage souligner l'aisance sociale d'une riche famille de propriétaires terriens. Cette identité multiple trouvant tout compte fait son unité dans le romantisme ambiant. Cette toile est fondatrice pour son auteur car la première acceptée à un Salon (1844). Le succès relatif qu'il y rencontre semble s'être incarné de manière anticipée dans ce regard toiseur de jeune premier sûr de son talent : talent qu'il  ne cesse alors de vouloir convaincre ses parents. L'autoportrait est, dans cette perspective, une manifestation victorieuse de son talent, devant accréditer son obstination dans cette voie artistique à laquelle ne le destinait pas le père. Et de lui accorder un sursit pour continuer sa recherche picturale qui l’emmènera finalement à la reconnaissance qu'on lui sait.

 

                                                                                                                                                                                                                                                           A ses parents

                                                                                                                                                                                                                          [Paris, 21 février 1844]

 

              Mes chers parents,

             Si je ne vous ai pas écrit plus tôt ce n'est pas tout à fait de ma faute. Je pars d'Ornans toujours trop tard pour mes ouvrages. Je viens de faire un tableau qui est assez grand et  qui m'a donné tellement d'ouvrage que depuis un mois c'est à perdre la tête. Et encore je ne l'ai pas fait comme j'aurais pu le faire, car j'étais si pressé que je ne savais auquel entendre et étais incapable de penser à autre chose. Si vous croyez que je m'amuse, vous avez bien tort. Depuis plus d'un mois je n'ai réellement pas eu un quart d'heure à moi. Voici comment : j'ai des modèles qui me coûtent très cher d'après lesquels je travaille depuis qu'on voit clair le matin jusqu'à 5h du soir, heure de mon dîner. Le soir il faut que je me procure ce qui m'est nécessaire pour mon travail, que je coure après des modèles d'un bout de Paris à l'autre, ensuite que j'aille voir les personnes qui peuvent m'être utiles, que j'aille aux soirées indispensables, pour ne pas passer pour un ours, etc. etc. [...].

         Cet hiver mon atelier était un peu humide et j'ai eu un rhume de poitrine qui m'a duré trois semaines. Il  est parti seul ainsi qu'un dévoiement qui m'a tenu presque autant, c'était un résultat de l'humidité. J'en suis quitte et me porte très bien maintenant, mais cela m'a encore gêné  dans mon ouvrage.

         Mon père qui parle de ma négligence à son aise, je voudrais bien le voir faire un travail aussi actif que celui que je fais en peinture. C'est au point que les personnes qui m'entourent et qui sont à portée de concevoir ce que je fais, tel que M. Hesse par exemple, qui est le maître de Marlet, chez qui je vais souvent pour lui montrer ce que je fais et qui est venu chez moi, car il me porte beaucoup d'intérêt -aussi lui et beaucoup d'autres personnes s'accordent à me prédire que si je continue ce travail-là, je me ruinerai la santé.  Si vous pensez que je veux vous en faire accroire, j'en suis bien fâché. Ce qu'il y a de sûr c'est que je n'en puis faire davantage, et avec cela mon père a toujours l'adresse de m'écrire des lettres qui, loin d'être encourageantes, sont fort décourageantes, et arrivent toujours comme mars en carême car c'était justement lorsque j'étais le plus pressé. Je lui sais bon gré de ses remontrances mais cependant il ne faut pas toujours dire la même chose. Je crois que je pense plus à mon avenir que qui que ce soit et je le prouve. Ensuite, je vis avec une économie qui pourrait bientôt passer pour ridicule. Il aurait fallu à mon père quelqu'un qui dépense comme les jeunes gens dépensent ordinairement à Paris.

         Je viens d'envoyer mon   tableau à l'exposition, je n'avais que jusqu'au 20 de ce mois. M. Hesse m'en a dit le plus grand bien et m'a prédit les choses les plus flatteuses. Il m'a tellement fait de compliments sur ce que je faisais et sur les ouvrages qui étaient dans mon atelier que je ne savais que lui répondre. [...]

         [...]

         [...] Je pense toujours à vous. Je vous embrasse tous.

 

                                                                                                                                                                                                                                                       Gustave

L'instant Courbet

                                comme un nègre...

A bientôt vingt-cinq ans, on sent à travers cette lettre le jeune Courbet en devoir de convaincre ses parents que le succès est encore accessible. Derrière les mots, la lassitude paternelle se fait sentir : Courbet père, qui voulait destiner son fils unique à une profession plus honorable, semble diablement s'impatienter depuis sa province du manque de réussite artistique de son rejeton, et se lasser de financer cette aventure qu'il semble juger sans issue. Il faut à Gustave déployer des talents de persuasion pour encore gagner un peu de temps, quitte à faire remontrance à sa père de son peu de soutient. Celui-ci doit en effet penser que le fils passe ses journées en amusements mondains : d'où la nécessité pour Courbet de détailler son emploi du temps et sa surcharge de travail. La pression paternelle est sans doute là à son paroxysme : Courbet mise sur son premier tableau accepté à un Salon, son Portrait de l'artiste au chien noir, dont dit tant de bien Nicolas Auguste Hesse, le maître de son ami Marlet qui le soutient et l'encourage, pour prouver à son père qu'il est sur la bonne voie et qu'il doit continuer à le financer. Deux lettre coup sur coup en mars viendront en effet décrire dans le menu le succès que sa toile rencontre au Salon..., une façon d'insister auprès de son père, à défaut d'encouragements, de lui accorder un sursis supplémentaire.

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