Philippe

Lagautrière

Origine 

2016

Crayons de couleurs,

9 x 9 cm

(© Philippe Lagautrière)

 
 

Philippe LAGAUTRIÈRE

(né en 1953)

Né à Ivry-sur-Seine, Lagautrière s'est formé aux Beaux-Arts de Paris à la fin des années 70-débuts des années 80, fréquentant notamment l'atelier de Marcel Gili à la suite du tumultueux groupe Bazooka. Influencé par les dessins de Saul Steinberg qui utilisait de manière originale les tampons, il s'empare très tôt de cet outil désuet qu'il maniait déjà dans son enfance pour en faire une véritable « marque de fabrique ». Combinant des activités d'illustrateur de presse (notamment à Libération) avec celles d'atelier, Lagautrière trouve la reconnaissance du milieu artistique dans les années 1980, réalisant de nombreuses expositions en France et à l'étranger. 

« Peut-être vous demanderez-vous pourquoi j’ai peint des chèvres et des poissons volants, des violonistes au visage vert perchés sur les toits, des maisons qui flottent dans le ciel, à l’envers, des amoureux qui volent au-dessus de la ville… J’ai peint mon monde, ma vie, ce que j’ai vu et ce dont j’ai rêvé… ». [1]

 

Philippe Lagautrière

 

 

 

ORIGINE  FAUSSEMENT ENFANTINE

 

 

 

         Il faut être un brin tamponné pour faire de ce petit outil graphique dont le coussin s'imprègne d'encre sa raison d'être artistique. A moins qu'il faille avoir gardé de l'enfance la magie de l'illustration spontanée. La première boîte de tampons qu'enfant Lagautrière a eu en mains avait pour thème les animaux de la ferme. Le tampon possède cette aptitude d'inscrire sur le papier chèvre, vache ou poule avant même de savoir écrire. C'est une émotion profonde que de produire une image... Une émotion qui n'a manifestement pas quittée Lagautrière, puisqu'il n'a jamais cessé de tamponner !

         Des tampons, il en a fait sa marque de fabrique dès le début de sa carrière ; il faut bien se démarquer de la concurrence. Il n'était certes pas le premier : des artistes comme Saul Steinberg (1914-1999) s'étaient déjà appropriés ce médium et l'utilisait parmi tous les autres employés (crayon de couleur, gouache, collage...). Max Ernst s'y était aussi collé avant lui. Tamponner pose le problème de l'empreinte, celle laissée par un bout de caoutchouc ou de bois gravé. Le tamponneur, qui n'est pas forcément le graveur, peut-il être considéré comme créateur ? A l'évidence, pour Lagautrière, qui possède l'une des plus complète collection de tampons : des tampons administratifs, des tampons des autres pays, et de ses propres créations bien entendu.

         S'il s'est fait connaître par cette iconographie particulière du tampon, ce n'est pas une version tamponnée que Lagautrière propose de L'Origine du monde. C'est du dessin. Du coloriage pour tout dire. Encore une activité d'enfance. Décidément, l'artiste aura gardé cette âme du jeune âge.

         C'est un petit dessin (9 x 9 cm), très en couleurs, un petit gribouillage constitué de petits aplats monochromes sur lesquels de gros traits ont été tracés, aléatoirement semble-t-il d'un premier abord, comme une inspiration d'enfant, ou comme un dessin automatique de surréaliste, malgré que ces derniers soient noirs sur blancs. Dans Origine, le colorieur sature le papier de couleurs vives, dans une sorte de chaos pictural où la matière semble rivaliser avec la couleur. Et puis... et puis de cet embrouillamini, le regard bientôt s'habituant, commence à distinguer des formes familières. A moins que ne ce soit qu'illusoire quête de figuration. Est-ce un hasard cette forme, à peu près au centre, que l'on dirait des fesses ? Et puis il y a à leur intersection, cet espèce de fruit fendu que l'on dirait sexe de femme... Il y a même comme une toison foncé au-dessus. Mieux : le sexe ouvert semble émettre des ondes bleues, il irradie (de plaisir ?). Forcément, ce sont des cuisses écartées, puisque c'est un hommage à L'Origine du monde... Ce dessin, en effet, faisait partie d'une exposition « 16 Regards d'artistes sur L'Origine du monde » (Galerie Corinne Bonnet, janvier-février 2016), exposition collective organisée sous la direction de... Philippe Lagautrière.

         C'est donc fort de ce pré-requis là qu'à force de fouiller l'on trouve dans ce coloriage une empreinte de sexe féminin. A même y regarder de plus près, on peut même découvrir des formes qui ressemblent étrangement à des verges... mais là, c'est peut-être juste sur-interprétation... Pourtant... Il reste que l'érotisme est là, bien présent, et cela tranche forcément, cet esprit d'adulte dans une technique enfantine. Car le coloriage est universellement connecté à l'enfance, et on l'associe difficilement à la sexualité. Mais si Lagautrière est un artiste à l'âme d'enfant, il n'en a pas moins des préoccupations d'adulte : il a remplis plusieurs carnets à dessins érotiques, qu'il a fini par publier en les mélangeant avec des tampons, sur un format qu'il apprécie, celui du cahier d'écolier... On y voit des jambes écartées sur des sexes ouverts, comme des Origine du monde. En somme, Lagautrière fait tampon, s'interpose entre les deux forces hostiles de l'enfance et de l'adulte pour les réunir dans son œuvre.

         Philippe Lagautrière aime monter ses images comme des mécanos (encore un jeu d'enfant) ; il imbrique des éléments d'images indépendants les uns des autres, assumant parfaitement les décalage d'échelles, se jouant des plans et des profondeurs. Ses images sont ainsi des patchworks picturaux emplissant tout l'espace du support ; il réalise ses montages en petit format, qu'il numérise puis qu'il video-projette sur toile. Il fonde sa narration sur un univers de superposition, convoquant ses éléments d'images comme on invite des artistes de style différents à une exposition collective. Il est comme ça, Lagautrière ; il aime le collectif, contrairement à Courbet, imbu d'individualisme. D'ailleurs, il vit à La Ruche, une cité d'artistes exceptionnelle réunissant une soixantaine d'ateliers dans le 15è arrondissement de Paris. Il y a hérité de l'ancien atelier de Marc Chagall qui avait, comme Lagautrière, le goût de la couleur généreuse et des déconnexion d'échelles.

         De la rue Hautefeuille (où se trouvait l'atelier du peintre d'Ornans) à la Ruche, quel itinéraire faut-il suivre pour relier Courbet et Lagautrière ? Assurément, le l'itinéraire existe, sinueux peut-être mais évident. Le peintre auto-tamponneur, qui se dit avoir aussi été influencé par la série des grottes, a réalisé une autre version de L'Origine du monde : L'Origine aux serpents (septembre 2017) fait pulluler sur le corps de L'Origine multitude de serpents, dans une version très primitive, ou primaire comme les forêts originelles, que l'auteur qualifie de "mixage d'Origine et représentation d’Ève poussée au paroxysme". L'association a du chien : dans la Bible, le serpent est l'animal maligne qui détourne l'homme -ou plutôt la femme- de Dieu en le tentant de croquer le fruit, la pomme ; au XIXè siècle, Courbet est le peintre maligne qui détourne l'homme de la bigoterie en le tentant de croquer le fruit : la femme. L'histoire retiendra que c'est Philippe Lagautrtrière qui ara mêler les deux mythes de la tentation.

 

 

 

1 – Philippe Lagautrière, l'auto-tamponneur, site Les Influences, cité par Jean-Luc Hinsinger, 8 janvier 2012

 
 

EXPRESSION LIBRE                                                3 questions à Philippe Lagautrière

En quoi l'oeuvre de Courbet a-t-elle pu avoir une influence sur votre propre travail ?

Je reste toujours impressionné lorsque je vais revoir, au Petit Palais, la toile "Le sommeil", peinte en 1866 ! La composition, la luxuriance des détails, la mise en lumière sur fond sombre, la délicatesse des chairs, une étreinte suspendue dans le temps ! Très intrigué aussi par les toiles représentant des grottes, leur charge métaphorique…

Quelle place L'Origine du monde tient-t-elle dans votre "patrimoine

iconographique" ?

D'où vous est venue l'idée, le besoin d'en faire une version ?

Agacé par cette vague de puritanisme, notamment sur les réseaux sociaux, et par cette censure répétitive, dont, entre autres, "l'origine" fait les frais ! j'en ai dessiné et peint plusieurs versions, dont une vision liée à la Genèse, "L'origine aux serpents". Puis, j'ai demandé à des artistes de réagir sur ce sujet et nous avons organisé une exposition collective intitulée :  "16 regards d'artistes sur l'origine du monde" à la galerie Corinne Bonnet à Paris,  présentée en janvier/février 2016.

Philippe Lagautrière

L'Origine

2015

Acrylique sur bois

S

U

C

C

E

S

S

IO

N

ÂME D'ENFANT

         C'est un petit univers anarchique qui prend forme dans la tête d'un enfant, un monde indiscipliné qui fait intrusion dans son sommeil : des oiseaux, des anges, des adultes, rat, chat, mouche... tout ce beau monde faisant assaut du petit lit, un épouvantail, une maison en feu, des peurs, des espoirs, des angoisses, des fantasmes... L'image est caractéristique de la technique Lagautrière : l'espace est tout entier submergé d'éléments apparemment indépendants les uns des autres disposés par superposition, comme une composition élaborée par un enfant avec des tampons, une imagerie qui impose au regard de fouiller les détails, de s'approprier les individualités graphiques pour les fondre dans un maelstrom pictural des plus déroutant sensé incarner l'imaginaire foisonnant de l'enfance. Il y a du vent dans la toile, des nuages menaçants, mais il y a aussi un beau soleil radieux au loin : c'est ainsi, tous les temps se mêlent chez Lagautrière, toutes les émotions aussi se coudoient dans un même champ, c'est ainsi que se résout la technique des tampons.  

         

         Difficile d'établir un pont entre l'Oeuvre de Lagautrière et celle de Courbet ; non seulement leurs univers sont bien éloignés l'un de l'autre, mais encore plus leurs intentions artistiques et leurs personnalités. Courbet a certes intitulé l'un de ces tableau Rêve de jeune fille, présenté sous ce titre au Salon de 1845, dit aussi Le Hamac, où l'on voit une jeune fille ensommeillée, alanguie dans son hamac. Or, le personnage rêveur de Lagautrière ne paraît pas dormir, ou en tout cas avoir grands ouverts les yeux sur toutes les fantaisie de son imaginaire nocturne : l'artiste nous fait pénétrer au cœur même du rêve de l'enfant, nous en fait vivre l'expérience, nous y invite presque à y participer. Le personnage rêveur de Courbet ne nous fait pas partager ses errances oniriques, cela n'intéresse pas le peintre ; celui-ci nous place ni plus ni moins en position d'observateur privilégié de la supposée rêveuse, un observatoire qui, par la sensualité du modèle, relève plutôt du voyeurisme que de l'analyse des rêves. C'est la femme qui intéresse le peintre ; qu'elle soit ensommeillée ne rend que plus facile et presque légitime cette insistance à l'observation.

         Et si finalement, le pont entre Lagautrière et Courbet était dans cette version du Rêve, dans laquelle L'Origine surgit sur le lit de l'enfant...?

Philippe Lagautrière

Le Rêve

2015

Peintre numérique,

42 x 30 cm

A droite :

Philippe Lagautrière

Tirage numérique

2016

Gustave Courbet

Pompiers courant à un incendie

vers 1851

Huile sur toile,

388 x 580 cm

Petit Palais,

Paris

1.Isabelle Collet, Pompiers courant à l'incendie, site du Petit Palais 

         Si nous devions lier les deux artistes sur le thème de l'âme d'enfant, c'est peut-être par ce tableau de pompiers qu'il pourrait s'opérer -quand bien même cette opération peut rester contestable. Il est vrai que le personnage du pompier hante l'imaginaire de l'enfant, concentrant à lui seul les valeurs de générosité, de force et de courage. Ces pompiers, que Courbet met en scène dans ce grand format, semblent avoir été positionnés comme des soldats (du feu) de plomb par la main d'un enfant, notamment les deux personnages au premier plan à droite qui adoptent un même geste "playmobil". Il s'agit d'un ouvrier qui indique à l'officier le lieu de l'incendie ; derrière, les pompiers sont à la manœuvre, plus ou moins gênés par les passants, une mère plébéienne à gauche, un adolescent trébuchant au centre, et un couple de bourgeois s'écartant à droite.

         Cette toile immense est l'une des plus énigmatique du peintre d'Ornans, retrouvée inachevée et roulée dans son atelier par sa sœur après sa mort. C'est la seule scène urbaine de son Oeuvre. Certains observateurs y ont vu une intention du peintre se confronter picturalement aux peintres flamands du XVIIè, notamment La Ronde de nuit de Rembrandt. Mais il faut aussi le replacer dans son contexte historique, celui du coup d'Etat du décembre 1851. Il est vrai que le Prince-président de ce coup de force, le futur Napoléon III, avait su faire preuve auparavant de velléités sociales dans un texte intitulé L'Extinction du paupérisme (1844) auxquelles le peintre d'Ornans adhérait. Certains voit donc dans cette composition Bonaparte -dont le capitaine des pompiers a les traits- conduire ses pompiers à l'extinction du feu social couvant sous la paupérisation du peuple...  « L’insurrection de la caserne de Poissy où travaillait Courbet, lors du coup d’Etat du 2 décembre 1851, mit fin au projet. Le sous-lieutenant, Jean-Victor Frond, représenté dans le groupe des pompiers, avait pris parti pour les républicains. Traduit en conseil de guerre, il fut déporté en Algérie ». Courbet, lui, s'opposa par principe au coup d'Etat sans participer à l'insurrection, se plaçant d'emblée comme un opposant du nouvel empereur, ce pourquoi sans doute il mit fin à cette composition qui mettait celui-ci à l'honneur. Finalement, avec Courbet, rien n'a vraiment d'âme d'enfant...  

                                                                                                   A FRANCIS WEY

                                                                                                                                                                                  [Ornans, 1er janvier 1852]

         Mon cher ami,

          Votre lettre était mal raisonnée, elle me suggérait quatre pages de réflexions, c'est pourquoi je ne vus ai pas écrit. La génération à laquelle vous appartenez n'a ni foi ni croyances, tandis que moi j'ai travaillé toute ma vie pour avoir une raison d'être unique, autant que possible, et c'est à quoi tendent tous les actes de ma vie. Vous, vous suivez les fluctuations, moi je reste dans mon principe, voilà la différence qui existe entre nous.  Toutes les formes de gouvernements, tous les faits accomplis, peuvent arriver, ça ne m'intrigue en rien du tout. Le plus affreux bourgeois de France ne m'aurait pas dit que je devais changer la nature de mes inspirations.  Cher ami, j'ai cela sur le cœur. Vous êtes donc de ceux qui croient que je fais de la politique en peinture. Je fais des Casseurs de pierres, Murillo fait un casseur de poux. Je suis un socialiste et Murillo un honnête homme, c'est incroyable. Une jolie chose aussi, c'est Français qui coupe là-dedans. [...]

         [...]

         Cette révolution m'a fait perdre trois semaines. J'ai vomi plein mon chapeau de bique. J'en suis quitte quant au tempérament seulement, car, tous mes amis étant dedans, je suis surveillé très activement dans mes paroles et dans mes actions. Grâce à ma constance je ne suis pas encore pris. J'ai l'honneur d'avoir à mes trousses M. le brigadier d'Ornans (que je ne connais ni d’Ève  ni d'Adam) lequel, il y a déjà un an, avait éprouvé le besoin de me dénoncer à la préfecture de police. Cet homme poursuit son oeuvre sans rime ni raison, se disant : "Il n'y aura donc que moi en France, dans un beau moment comme celui-ci, qui n'aurai ni croix d'honneur ni épaulettes". Je ne sais s'il est prudent que je retourne de suite à Paris, car la télégraphie va me devancer lorsque je partirai. Si vous pouviez vous informer de cela vous me rendiez bien service, car je ne tiens pas à la Guyane pour le moment, plus tard je ne dis pas.  L'officier de ma Caserne de pompiers est en fuite, ou mort, m'a-t-on dit. Le tableau est fort aventuré, cependant j'aurais voulu finir le portrait de Mme Cuoq pour l'exposition. Si l'exposition était retardée d'un mois, cela m'irait parfaitement, quoique les deux tableaux que j'ai à Ornans soient finis.

         Je suis très heureux de vos succès au Théâtre-Français. J'aurais voulu m'y trouver dans ce cas-là. Je suis un rude homme. Je vous aurais applaudi, soyez-en-sûr, comme jamais je n'applaudirai M. Napoléon, quoi qu'il fasse.

         [...]

 

                                                                                                                                                                                                                                             G. C.

L'instant Courbet

                                Vive l'anarchie !

Première lettre connue de Courbet après le coup d'Etat du 2 décembre 1851 qui porta Louis-Napoléon Bonaparte au titre d'empereur à grands coups d'arrestations, d'exécutions et de déportations, notamment en Guyane, dans le bagne de laquelle finirent quelques opposants, même si beaucoup furent contraint d'émigrer en Algérie, comme l'officier des pompiers qui lui servit de modèle, Victor Frond. Courbet ne fut pas inquiété malgré ses craintes, contrairement à certains de ses amis comme Urbain Cuenot qui connut quelque temps de prison. Néanmoins pointe dès cette première année d'Empire son aversion pour le régime et celui qui l'incarne ; et son opposition à Napoléon III sera une constance jusqu'à la fin de ce dernier. Francis Wey, à qui est adressé ce courrier, franc-comtois lui aussi, était une personnalité qui comptait dans le milieu artistique et littéraire ; inspecteur général des Archives, directeur de la Société des gens de lettres, il était aussi auteur et critique littéraire (à cette date, le Théâtre Français jouait de lui une comédie en quatre actes, Stella). Présenté à lui par le critique d'art Champfleury, Courbet entretint avec Wey une relation plutôt intéressée, selon Michèle Haddad : "Wey pouvait en effet lui apporter commande et relations, introduit qu'il était dans le milieu littéraire et administratif" [L'ABCdaire de Courbet, Flamarion, p.115]. L'on sent d'ailleurs, dans la première partie, toute la différence que le peintre d'Ornans entend souligner avec ce personnage, finalement assez caractéristique d'une bourgeoisie qui s'accommode de tout régime politique, particulièrement de ceux qui tiennent la plèbe éloignée de tous les lieux de pouvoir, bref d'une bourgeoisie qui se méfie du socialisme comme de la peste et qui range le peintre d'Ornans dans cette catégorie de peintres. C'est pourquoi Courbet met en parallèle son Casseurs de pierres (présenté en 1849) avec le Jeune mendiant de Murillo (entre 1445 et 1650) qui, à sa manière, dénonçait aussi les injustices sociales et qui pourtant faisant les louages des critiques (le tableau se trouvait déjà au Louvre). Courbet, dans le contexte politique des plus délicats, joue la prudence en se dédouanant de toute intention politique à sa peinture malgré qu'il clamait deux mois plus tôt (19 novembre 1851) dans un courrier au rédacteur en chef du Messager de l'Assemblée, non sans provocation, être "un peintre socialiste". Assurément en ce début d'année, le socialisme n'est plus à l'honneur ; l'année 1852 commence d'autant plus difficilement pour Courbet que c'est aussi en ce mois de janvier qu'il apprendra le départ de Paris de sa maîtresse et mère de son fils Virginie Binet.

​© 2016 par Bruno Picard. Créé avec Wix.com